04 Argentine, Notre tour du monde

Jours 116 et 117 – El Chalten

09/12/2018 et 10/12/2018

 

Journée de repos

Comme prévu, cette journée se profile sous le signe du repos. De toute façon, la météo n’est pas folichonne aujourd’hui. Il y a plus de nuages dans le ciel que de cheveux sur le crâne de Benjamin (et ce n’est pas peu dire !) et un vent fort et glacial. Benjamin est toujours malade,  et on a un jour d’avance sur le programme donc on peut se prendre une petite journée au calme.

 

el chalten

 

Avec presque 39°C de fièvre, Benjamin déclare forfait et reste à dormir au chaud dans son lit. De mon côté, je le chouchoute comme je peux et j’avance dans la rédaction de nos carnets de voyage. On ne veut surtout rien oublier de cette expérience autour du monde, alors, comme vous le voyez, je note tout ! Et je prends mon rôle de scribe des temps modernes très au sérieux… 

 

 

Rencontre entre voyageurs

En milieu d’après-midi, la faim se fait sentir, et j’emmène mon petit malade dans un café-boulangerie à quelques centaines de mètres pour trouver quelque chose à grignoter. Bingo ! Il y a des mets végétariens ! A nous les empanadas aux légumes !

 

Deux jeunes hommes s’installent à une table près de nous. Il parlent français, donc, sans forcément écouter, on surprend quelques mots de leur conversation.

 

C’est alors que j’entends l’un d’entre eux dire « ils sont là aussi, regarde » et « minis voyageurs ». Je tourne les yeux machinalement, et je le vois montrer son téléphone à son ami. Et sur l’écran, j’aperçois notre compte Instagram et la photo qu’on a publiée la veille.

 

Ça me fait sourire et il le remarque. On le regarde, il nous regarde, on le regarde, il nous regarde, il regarde son téléphone et les photos de notre Instagram, puis nous regarde à nouveau avant de réaliser qu’il s’agit de nous sur son téléphone. 

 

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La situation nous fait rire car on se suivait mutuellement sur Instagram sans jamais avoir vraiment discuté. Il s’appelle Charlie (son Instagram @wanderlustbzh) et on a l’impression de se connaître un peu. On commence à discuter comme l’auraient fait de vieux amis qui se retrouvent. Petit moment dont on se rappellera.

 

 

Du repos, toujours du repos

Après cette rencontre particulière, on rentre pour que Benjamin puisse se remettre au lit. On a prévu de faire une randonnée le lendemain, alors il faut qu’il se repose pour être en forme. J’en profite pour me reposer aussi. 

 

A mon réveil, je passe faire un tour au centre médical, sur le point de fermer. On me conseille d’emmener Benjamin voir un médecin à El Calafate, prochaine étape de notre voyage. 

 

En fin de journée, nous partons comme toujours en quête de nourriture. On débusque un petit restaurant où on prendre juste une assiette de frites. Depuis le début du voyage, c’est un peu la solution de la dernière chance quand on ne trouve rien de végétarien ou de végétalien. Pas question de remettre en question le boycott qu’on pratique depuis 4 ans maintenant. On préfère finir gras et remplis de choléstérol plutôt que de revenir sur nos principes !

 

 

Départ pour une nouvelle randonnée à El Chalten

Le lendemain, la fièvre de Benjamin a un peu baissé et on se motive pour faire la randonnée du Fitz Roy vers la Laguna de los Tres. Après avoir pris le petit déjeuner, on prépare nos sacs à dos pour partir. On se muni de sandwiches aux légumes pour le midi et nous voilà partis sur les sentiers nous menant aux plus belles montagnes du coin.

 

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Le temps n’est pas particulièrement engageant. On ne voit pas le ciel tellement il y a de nuages gris, et il y a un vent fort et glacé. Mais on ne se dégonfle pas. On se recouvre de plusieurs couches de vêtements : t-shirts, polaire, doudoune, gants, tour de cou et, on avance fièrement malgré nos allures de bonhommes Michelin.

 

 

Les paysages

La première partie de la randonnée monte un peu mais, rapidement, on a une très belle vue sur la vallée en contrebas et on est impressionné par la beauté du paysage.

 

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Ensuite, le chemin est vraiment sympa. Il serpente sur le côté de la montagne, presque à plat. C’est super agréable. Les nuages s’estompent et le soleil éclaire le magnifique paysage. On voit des rivières, de la forêt et les montagnes enneigées dans le fond.

Le vent s’affaiblit et on enlève nos couches de vêtements pour se mettre à l’aise.

 

Finalement, on est plutôt content d’avoir choisi ce jour-là pour aller marcher. Globalement, on croise peu de randonneurs. La plupart ont probablement reporté en raison du temps qu’il faisait le matin.

 

On progresse rapidement, tout en en prenant plein les yeux. Néanmoins, on fait attention en passant sous les arbres, car avec le vent, le risque de chute de branches ou même d’arbres, est très élevé. D’ailleurs, il y a énormément de branches et de troncs secs au sol.

 

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Nous arrivons à un premier lac plutôt sympa. Et à partir de là, on traverse de petits cours d’eau. On aperçoit de magnifiques oiseaux qui planent dans le vent, et on a l’impression d’être dans un tableau.

 

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La montée de la mort

Après avoir passé une dernière forêt, on arrive au pied de la dernière montée qui est réputée assez difficile. Il y en a pour une heure de montée bien raide, sur un chemin qui n’en est pas vraiment un.

 

En fait, c’est surtout des rochers brisés sur lesquels il faut essayer d’avancer sans se tordre les chevilles. Le chemin n’est vraiment pas très pratique mais c’est l’aventure. Ça monte droit vers le sommet, sans trop de virages, ou alors des virages très serrés donc les cuisses travaillent bien. Au fur et à mesure, le vent devient de plus en plus fort, ce qui nous glace, en plus de ralentir notre progression.

 

Le fait que Benjamin soit malade me donne un avantage sur lui en termes de rythme. Je sens que la montée lui demande beaucoup d’effort et qu’il est vraiment en train de galérer. Notre amie médecin m’avait dit qu’il faudrait qu’il se repose et qu’il évite les randonnées pendant quelques jours. Et là, on fait juste tout le contraire… Benjamin commence à tirer la tronche.

 

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Plus on monte, plus le vent souffle et plus il devient glacé. Il y a de moins en moins de soleil et on retrouve les gros nuages gris. La vue en contrebas reste superbe, mais on est trop concentré sur l’effort pour prendre le temps de la regarder. Les autres randonneurs que nous croisons sont également en galère. Mais malgré tout, on arrive au sommet en moins d’une heure.

 

 

L’arrivée au sommet

On s’attendait à être émerveillé en arrivant au sommet, mais ce qu’on en retient le plus, c’est l’envie immédiate de redescendre. A peine arrivés, on doit immédiatement se couvrir avec tout ce qu’on peut parce que le vent glacé nous refroidit à vue d’œil. Il s’infiltre partout sous nos vêtements. Et avec la sueur de la montée, c’est vraiment atroce.

 

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C’est vrai que la vue est magnifique. Il y a un lac de cratère d’un bleu turquoise comme on n’en avait jamais vu, juste devant les montagnes du Fitz Roy. C’est juste… wouah… Mais pour l’heure, malgré la beauté du truc, on a juste envie de redescendre. Les conditions sont tellement horribles que la motivation de rester n’est plus là.

 

On s’abrite du vent en s’asseyant derrière un gros rocher, mais on a quand même très froid. Benjamin grelotte alors qu’il essaye d’enfiler son poncho pour se protéger de la pluie qui s’est jointe à la fête. 

 

 

La descente

On prend le chemin du retour vers le petit village d’El Chalten. Benjamin trace comme un fou. Il a un genre de regain rien qu’à la perspective de rentrer et j’ai du mal à le rattraper. Mais c’est vrai que plus on s’éloigne du sommet, moins il fait froid et moins il fait moche.

 

Quand on croise des randonneurs qui y montent, on est compatissant pour eux. On croise un homme en sandales et en t-shirt et je me sens obligée de l’avertir qu’il s’apprête à affronter des conditions météos un peu compliquées.

 

Benjamin m’attend en bas de la descente et on peut continuer ensemble sur la suite. Le vent a faibli et le soleil est de retour, alors on peut enlever de nouveaux nos couches de vêtements chauds.

 

 

Le retour vers El Chalten

Nous parcourons le chemin du retour bien plus vite que le chemin de l’aller. On était très motivés par l’idée de rentrer nous mettre au lit !

 

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Comme on connait le chemin, on prend plus le temps de regarder le paysage. Et on adore. On se sent chanceux d’être là. C’est assez difficile de retranscrire les émotions qu’on a ressenties, que ce soit par écrit ou au travers de nos photos. Mais, on a beau être fatigué, avoir subi les conditions météos horribles juste avant, on est heureux d’être là. On a ce sourire qu’on ne peut pas enlever de nos visages. Et on n’a pas besoin de se parler pour partager ça ensemble. On est connecté l’un à l’autre, et on se sent partie intégrante de cette nature époustouflante…

 

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En arrivant, on se sent plutôt fier. La randonnée au global était d’un niveau plutôt facile, surtout après certaines randonnées qu’on avait faites. Mais au vu des conditions difficiles dans lesquelles on a fait la dernière partie, on a l’impression d’avoir vaincu la montagne.  

 

 

Maintenant place au repos…

Après cet exploit sportif (bon, on en rajoute un peu ^^), on traîne nos jambes jusqu’à la gare routière pour réserver le bus du lendemain.

Autant marcher sur un sentier de randonnée, ça passe bien. Autant marcher sur le béton pour traverser le village, c’est vraiment horrible… On a une de ces flemmes !

 

C’est ensuite avec les pieds traînants par terre qu’on rejoint notre logement. On prend une bonne douche et on se met au lit avec un petit thé bien chaud. La flemme immense qu’on a à l’idée de devoir sortir chercher à manger est telle qu’on décide de faire l’impasse sur le repas. Ce sera au lit direct sans passer par la case repas.

 

 

…ou presque !

Notre repos est quelque peu nuancé car le village s’anime tout à coup. Il y avait un match et les argentins chantaient et criaient pour encourager leur équipe. On a aussi l’immense chance d’entendre en boucle l’hymne de l’équipe. Le son est tellement fort qu’on a l’impression que les supporters sont tous avec nous dans la chambre ^^.

 

Ça a continué jusqu’à tard dans la nuit mais on l’a pris avec le sourire et on a quand même réussi à se reposer et à dormir dans cette ambiance festive.

 

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