01 Canada, Notre tour du monde

Jours 15 et 16 – Wells Gray



01/09/2018 et 02/09/2018

 

Le trajet jusqu’à Wells Gray

En se réveillant ce matin, on a refait la lessive et réinstallé toutes nos petites cordes à linge dans la voiture.

Puis, on est parti en direction de Wells Gray, un parc régional sur la route des parcs nationaux d’Alberta, Jasper et Banff.

On avait beaucoup de route, mais c’est l’une des journées qu’on a préférées. Les paysages qui se succédaient étaient une fois de plus irréels. En fait, on a eu l’impression de changer plusieurs fois de pays, voire de planète.

wells gray

On a vu des paysages très verts, d’autres plus secs, d’autres encore rocheux, poussiéreux, et d’autres avec des lacs partout. Il y avait des points de vue régulièrement sur des genres de canyons dans lesquels coulaient des rivières.

Les couleurs étaient chatoyantes et vives, et nos appareils photos (comprenez nos smartphones) n’arrivaient pas à retransmettre assez bien ce qu’on voyait.

La route était sinueuse sans être désagréable. A chaque virage, c’était un enchantement de plus.

On s’est arrêté très souvent juste pour pousser un soupir d’admiration devant ces décors sortis tout droit d’un rêve. Enfin, bref… Allez-y ! On a même croisé deux ours bruns qui traversaient la route.

 

Le déjeuner écourté

D’ailleurs après ça, on s’est arrêté pour manger. On a laissé la voiture sur le bord de la route, et on est passé à travers quelques petits arbres pour rejoindre le bord d’un lac. Mais on a entendu un petit bruit, et je n’ai pas attendu de savoir si c’était un ours ou un raton-laveur avant de décamper jusqu’à la voiture ^^.

Il faut dire qu’on s’était mis au seul endroit où il n’y avait pas du tout de plage, ni de visibilité autour de nous. Donc si un animal nous prenait à revers, on était mal barré ! Benjamin se moque de moi d’habitude, mais là, il a jugé que mon inquiétude était justifiée. D’autant plus qu’on venait de croiser des ours…

wells gray

Je ne l’ai pas fanfaronnée, mais j’étais trop contente qu’il prenne mes craintes au sérieux ! ^^

 

On a donc mangé nos petits wraps maison en sécurité… dans la voiture. On a ouvert le toit ouvrant histoire de se faire un petit suspense. Mais on a veillé à ce que ce ne soit pas assez ouvert pour qu’un puma ou un ours puisse bondir à l’intérieur. On est courageux, mais quand même, faut pas pousser !

 

L’arrivée à Clearwater

Après un repas bien mérité, on a repris notre route féerique riche en couleurs jusqu’à arriver à Clearwater, la ville d’entrée du parc de Wells Gray.

On est arrivé assez tôt pour s’interroger sur l’endroit où on allait dormir, mais trop tard pour partir en balade dans le parc. La ville, si on peut appeler ça comme ça, était plutôt petite et comportait juste des stations-service, quelques magasins, des fast foods et des campings.

Comme il avait l’air d’être interdit de passer la nuit dans sa voiture sur un parking, on a opté pour l’option emplacement de camping. Il y en avait un pas trop cher donc on a profité de l’occasion pour aller y faire un tour.

Le gentil monsieur qui s’occupait de l’accueil nous a donné quelques indications sur le fonctionnement du camping avant qu’on ne paye. Il avait l’air persuadé de parler anglais, pourtant je n’ai pas compris un mot… Bon, peut-être que c’est moi qui n’étais pas à la hauteur. Mais il n’a vraiment fait aucun effort, je vous jure !

Après avoir réservé notre emplacement, on est allé au Visitor Center pour avoir quelques infos sur le par cet pour récupérer une carte (à ceux qui me connaissent, vous vous doutez que la carte est bien évidemment destinée à Ben ; moi j’arrive déjà pas à trouver ma route avec un GPS, alors une carte…).

 

En entrant dans le Visitor Center, gros malaise… Il y avait au mur des têtes d’animaux en mode trophées de chasse. Cerf, orignal, caribou nous fixaient avec les yeux vitreux de la mort. J’ai toujours trouvé ça super glauque d’exhiber fièrement le bout du cadavre d’un être qui a été vivant et n’a rien demandé à personne…

Il y avait aussi une peau de puma entière avec la tête, les pattes et la queue, façon tapis. Je vous laisse imaginer ma joie… C’est pas comme si le puma était une espèce en voie d’extinction ! A ce stade, j’avais juste envie de faire demi-tour.

 

On a continué à avancer vers le comptoir, et sur le côté, il y avait carrément une vitrine dans laquelle on pouvait voir des animaux empaillés : coyote, oiseaux, écureuil, ours noir… De la part de l’accueil d’un parc naturel, on aurait pu croire à une mauvaise blague, mais non.

On a pris la carte, posé quelques questions à l’hôtesse et on a filé sans plus attendre pour fuir cette vision d’horreur qui me donne encore des frissons rien que d’y repenser.

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Ensuite, on est allé se prendre une glace au DQ du coin pour nous remettre de nos émotions et on est allé se poser au camping pour la nuit.

 

La nuit au camping

Comme on avait la flemme de monter la tente, on est resté dans notre maison à 4 roues : la voiture. On s’est installé confortablement, et on a regardé Dead Pool 2, en français cette fois. Je crois qu’on a bien fait de le revoir. On avait vraiment loupé pleins de blagues. Ca aurait été dommage quand même.

Sur cette touche intellectuelle, on s’est couché. Il a fait un peu plus froid cette nuit-là que celles d’avant. Mais on avait eu la bonne idée d’accrocher nos duvets ensemble, ce qui m’a permis de me coller contre Benjamin pour avoir un peu de chaleur. Le pauvre, il s’est retrouvé coincé entre la portière et moi ^^

 

La visite du parc Wells Gray

Le lendemain matin, juste le temps de manger, faire un brin de toilette et de chauffer la voiture, puis on est parti arpenter le parc. Le ciel était gris. C’est dommage parce que je pense que ça aurait pu être bien plus beau que ce qu’on a vu.

Globalement, on a été un peu déçu de ce parc. Les paysages étaient jolis mais bien moins que tous ceux qu’on avait vu sur la route. Mais peut-être que le temps y était pour quelque chose…

Le point positif, c’est qu’on a pu voir des saumons remonter les rapides d’une rivière. On les a littéralement vu sauter, oui, faire des bonds hors de l’eau pour avancer à contre-sens du courant. Personnellement, je me demande comment ils peuvent rester en amont des rapides une fois qu’ils sont remontés. Le courant doit forcément les redescendre, et ils doivent alors remonter !

Ah ! On a quand même vu un très joli lac avec de l’eau très claire qu’on a voulu immortaliser. Mais le souvenir que je garderai à jamais de ce lac, c’est celui de Benjamin qui m’a à moitié assommée avec sa paire de jumelle. Pas commode le mec !

Wells Gray

Pour info, il était en train de regarder à travers ses jumelles s’il ne voyait pas un quelconque être vivant à l’horizon, et je suis passée devant ses jumelles pour le faire rire. Il a eu un mouvement de surprise et j’ai reçu les jumelles dans la bouche. Rien de grave. Pas de dent cassée, même pas la gencive qui saigne, mais une bonne petite douleur et le haut de la lèvre qui a gonflé façon boxeur.

Pour limiter le gonflement, on fait avec les moyens du bord : j’ai appliqué le dos de ma petite cuiller restée dans la voiture. Benjamin s’est moqué de moi, mais je reste persuadée que ma technique de Mac Gyver a porté ses fruits !

 

La route vers Jasper

A la sortie du parc, on a croisé 3 bisons en pâturage, qui semblaient appartenir à des familles du premier peuple. Ca nous a fait tout bizarre.

On a quitté le parc dans l’après-midi, un peu déçu d’y avoir passé autant de temps. Et on a pris la route de Jasper, qui, on en est sûr, ne nous décevra pas.

La route était plus jolie que le parc qu’on venait de faire !

 

L’arrivée à Jasper

On est arrivé à Jasper, qui était un joli petit village. On a cherché pendant un moment une solution pour dormir. Malheureusement pour nous, tout était hors de prix. On s’était résolu à prendre deux lits en dortoir dans une auberge à l’intérieur du parc. Pour vous donner une idée, il fallait compter au moins 75 euros et on n’avait ni WC, ni douche, ni eau courante…

Alors on s’est dit que quitte à n’avoir aucun confort, autant ne rien payer du tout. Ce sera voiture une fois de plus ! Et pour fêter cette économie, on s’est autorisé un petit restau.

 

On a trouvé un italien qui s’appelait Famoso il me semble, et on a choisi des pizzas. Elles étaient super bonnes, du coup nous sommes rentrés à la voiture vraiment satisfaits.

Wells Gray

Bon, vous voulez un secret ? A la base, on a cherché un restau parce qu’on avait besoin d’un endroit où faire pipi avant la nuit ^^ Mais vu qu’on avait économisé de l’argent, on s’est fait plaisir par la même occasion.

Pour la nuit, pas de Walmart à l’horizon. Mais on s’est tranquillement rangé le long d’une rue lambda, sur une place libre, et on s’est fait tout petit.

C’est finalement la vessie vide et l’estomac plein que nous nous sommes couchés à l’arrière de la voiture pour clore cette journée de voyage…



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