04 Bolivie, Notre tour du monde

Jour 88 – Coup de frayeur en Bolivie

12/11/2019

Départ vers la gare routière

Aujourd’hui, on a traîné un peu au lit à télécharger nos dernières photos sur le drive avant de devoir quitter la chambre. On devait se rendre à la gare routière pour prendre un bus vers notre prochaine destination : la ville de Sucre (qui se dit « Soucré »).

On avait eu bien du mal à trouver des informations sur les horaires sur internet car apparemment il fallait voir directement à la gare routière. On a pris un taxi pour y aller et le mec était super sympa. Il nous a même mis de la musique « française » dans la voiture pour nous faire plaisir. Pourtant, on aime bien la reggaeton nous ^^

Le choix du bus

Arrivés sur place, c’était un peu comme à la gare routière au Pérou, les gens criaient le nom des destinations pour attirer les gens. C’était très bruyant. Et grouillant de monde.

On a été voir les noms des agences de bus qu’on nous avait conseillées (Trans Copacabana notamment) mais ils n’avaient pas de bus pour Sucre au départ de Santa Cruz.

Benjamin m’a laissée avec les sacs et est allé faire le tour des agences. Finalement, le choix s’est porté sur Bolivar. On a regardé rapidement les avis sur internet et ils avaient l’air d’être pas trop mal alors on a décidé de prendre les billets chez eux.

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Vous devez vous demander pourquoi on a vérifié avant d’acheter les tickets. En fait, en Bolivie, la qualité des bus est loin d’être la même qu’au Pérou d’après ce qu’on a pu entendre des voyageurs. Les bus sont vétustes et les routes ne sont pas goudronnées la plupart du temps. Les chauffeurs de la plupart des compagnies roulent comme des fous, ce qui entraînent de très nombreux accidents. Alors mieux vaut être prudent…

Anecdote plutôt louche

Pendant qu’on était là à regarder les avis, j’ai vu un homme de la cinquantaine regarder le téléphone de Benjamin puis venir vers nous. Il avait un badge autour du coup, un polo bleu marine, un jean et des baskets. Il avait l’air fermé, sévère.

Il s’est avancé vers nous, nous a montré son badge, s’est présenté comme faisant partie d’Interpol et nous a demandé nos papiers. Était-ce un vrai ou un faux agent ? Mon cœur s’est mis à battre la chamade. Que nous voulait-il ?

Benjamin avait déjà son passeport en main, alors que je cherchais la copie du mien pour ne pas avoir à donner le document original. Je lui ai dit en français de bien le tenir pour ne pas que ce type l’ait en main et puisse le faire chanter avec. Benjamin l’a tenu très fort, mais l’homme a insisté pour lui prendre des mains et a réussi à lui prendre.

L’homme a regardé ma copie de passeport et m’a dit qu’il avait besoin de l’original. J’avais les mains qui tremblaient de façon incontrôlable alors que je sortais de ma cachette secrète (ma brassière) mon passeport. J’ai pris le soin d’enlever discrètement les cartes bancaires et l’argent qu’il contenait pour les mettre dans ma poche. Puis je lui ai ouvert à la page de mon identité et le lui ai montré en le tenant à deux mains.

Il a insisté pour le prendre en main et j’ai catégoriquement refusé en m’agrippant au passeport. Il voulait voir les tampons d’entrée sur le territoire (il avait déjà regardé celui de Benjamin mais ne lui avait pas rendu son passeport pour autant). Je lui ai montré mes tampons non sans lâcher prise.

Il a eu l’air blasé de ma réaction, mais peu importe… Il nous a demandé combien de temps on comptait rester en Bolivie. Puis avant de rendre son passeport à Benjamin, il l’a avancé vers le visage de ce dernier et a pris une photo du passeport avec Benjamin, puis de Benjamin seul. Enfin, il lui a rendu son passeport et il est parti.

Pendant tout ce temps, nous étions restés accrochés à nos sacs pour éviter qu’un éventuel complice ne profite de nos attentions détournées pour nous dérober quelque chose.

On ne saura jamais s’il s’agissait d’un vrai agent d’interpol ou d’un imposteur avec de mauvaises intentions. S’il s’agissait d’un vrai, il a dû me trouver sacrément chiante ^^

Et s’il s’agissait d’un mec mal intentionné (sa tenue ne faisait pas vraiment penser à un vrai agent), eh bien, il a dû se dire la même chose et laisser tomber pour trouver des gens plus simples à dérober.

Dans tous les cas, je pense qu’on a plutôt bien réagi !

On a eu connaissance par la suite d’histoires du même type arrivées dans la même ville avec de faux agents d’interpol qui demandaient à voir les papiers de touristes, avant de les emmener dans un bureau pour vérifier s’ils n’avaient pas de drogue.

Ca se terminait en fouille des affaires et vérification du contenu des smartphones. Et à la fin, ils se faisaient accuser de quelque chose (consommation de drogue par exemple s’il y avait dans le téléphone la photo de quelqu’un en train de fumer une cigarette…) et étaient menacés d’être placés en détention s’ils n’acceptaient pas de payer une grosse somme d’argent.

L’attente à la gare routière

Il m’a quand même fallu un moment pour me remettre de mes émotions… Et à partir de là, je ne me suis plus vraiment sentie en sécurité à cet endroit. On est allé prendre nos tickets de bus, et on a laissé nos gros sacs en consigne car le bus ne partait qu’en fin d’après-midi.

Puis, on est allé manger un bout à l’étage, où il y avait beaucoup moins de monde, et beaucoup moins de bruit. On a trouvé un genre de petit snack mais qui proposait surtout des plats à base de viande. Mais, en général (du moins c’était comme ça au Pérou), il y a toujours moyen de s’arranger, alors on a demandé si on pouvait avoir du riz, des tomates et de l’avocats avec un œuf au plat. Et ça ne nous a presque rien coûté.

Notre bus

Après une longue attente est venu le moment de prendre notre bus. On est allé s’assoir en face des « quais » pour observer l’état des autres bus. Honnêtement, en dehors de la fameuse compagnie renommée, ça faisait un peu flipper. Ils étaient tous super vieux, moches et en mauvais état.

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Pour rigoler, on a pris en photo l’un des bus qu’on ne trouvait pas vraiment top pour l’envoyer à la famille de Benjamin et leur faire croire que c’était notre bus pour qu’ils rigolent ou qu’ils flippent (on ne sait pas trop ^^). Mais en fait quand le bus Bolivar est arrivé, il était encore moins bien que celui qu’on avait pris en photo. Et le pire, c’est qu’un deuxième bus Bolivar est arrivé, mais celui-là vraiment vieux, moche et en mauvais état. Et c’était celui-là notre bus ! ^^

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On était plutôt dégoûté en fait. On avait pris des tickets pour des places cama (c’est-à-dire des sièges qui s’allongent à 180°C pour pouvoir y dormir comme dans un lit), et finalement on avait juste des semi-cama (140 à 160°). Et moi, j’avais le siège tout au fond, contre la paroi du bus, donc le mien ne pouvait pas s’allonger autant que les autres. Juste un tout petit peu.

Le bus était vraiment vétuste. Le tissu des sièges était sale et on n’était pas très à l’aise de devoir se mettre dessus. Mais ils restaient plutôt confortables au-delà de ça. Par contre, le bus n’avait ni climatisation, ni WC et on partait pour un trajet de 14 heures…

Juste avant de partir, on a acheté des espèces de boules de pain au fromage histoire d’être sûr de pouvoir manger quelque chose pour le dîner (on ne savait pas trop comment ça se passerait).

Le trajet en bus

Dans le bus, sur la même ligne que nous, il y avait une famille : les parents, une fille d’environ 10 ans, une autre d’environ 18 ans et un tout petit bébé qui devait avoir seulement un ou deux mois. Ils n’avaient réservé que quatre places, mais ils avaient posé la petite sur un linge entre deux sièges.

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On avait un peu peur que le bébé hurle pendant tout le voyage, mais on a été vraiment agréablement surpris : elle n’a pas bronché. Du coup super !

Au niveau de la conduite, le chauffeur était un peu flippant… Il roulait vraiment vite, dépassant tout le monde n’importe comment. Pourtant, la plupart du temps on était sur une route de terre qui serpentait entre les falaises. Heureusement que l’obscurité de la nuit nous cachait la dangerosité de la situation…

On a fait une petite pause après 3 heures de route pour qu’on puisse aller aux WC et éventuellement acheter un truc à manger. On s’est retrouvé dans un tout petit village, à un endroit où les bus s’arrêtent, avec une tienda, des vendeurs de rue et un petit restaurant.

En remontant, la mère de famille qui voyageait avec nous a laissé sa place à son bébé dans son cosy et s’est allongé entre la paroi et les derniers fauteuils de sa rangée (qui étaient au niveau du siège de Ben), sur un genre de petite banquette. Elle s’est endormie en quelques minutes et s’est mise à ronfler très fort ^^.

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Le bus a fait plusieurs autres arrêts, parfois pour prendre des colis à transporter. Parfois pour faire monter des gens. Sauf que le bus était complet. Hormis la banquette à l’arrière sur laquelle avait dormi la femme.

La tension monte

Le chauffeur a fait monter une dame et lui a dit de s’installer sur cette banquette. Sauf que l’autre femme a commencé à s’énerver en disant que c’est elle qui était sur la banquette car elle avait laissé sa place au bébé. On a n’a pas compris exactement tout ce qu’elle a dit car on n’était pas encore bien habitué à l’accent des boliviens, mais elle avait l’air très en colère.

Le chauffeur n’a rien voulu savoir et a installé la dame sur la banquette. La femme a donc dû retourner à son siège et prendre le cosy du bébé sur les genoux. Puis tout le monde s’est endormi et l’atmosphère s’est détendue. La dame de la banquette a fini par s’allonger par terre pour dormir plus facilement. J’ai essayé de lui expliquer qu’elle pouvait s’allonger sur la banquette, derrière les sièges mais elle n’a pas eu l’air de comprendre un mot de ce que je disais.

Un peu plus tard, c’est un jeune homme qui est monté. Pour se mettre sur la banquette, il a dû enjamber la dame. Difficile de dormir avec tout ça… Mais c’est une expérience dont on se souviendra ^^

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