04 Bolivie, Notre tour du monde

Jour 91 – Potosi

15/11/2018

Les français à Potosi

Ce matin-là, on s’est levé tôt. On a profité d’être à Potosi pour aller visiter les mines d’argent de la région, et la visite était ce matin-là, après le petit déjeuner. Pendant le petit déjeuner, on a entendu un couple de français parler d’un problème de santé que le garçon avait. Comme on était très haut, je me suis demandé si ce n’était pas lié à l’altitude car certaines personnes ne supportent pas.

En fait, il avait du sang dans l’œil qui faisait pression sur son nerf optique, ce qui le rendait presque aveugle, et ce, depuis qu’il avait été au Salar d’Uyuni. Ce n’était visiblement pas la première fois que ça lui arrivait. On a parlé un peu avec eux, avant qu’une française croisée dans le bus nous rejoigne également. Elle était bien malade et avait décidé de rester au lit pour plusieurs jours. Elle envisageait même de stopper son voyage car elle se sentait trop fatiguée pour continuer.

Achat de dynamite pour les mineurs

L’heure de partir visiter les mines est arrivée et on nous a donné nos « équipements ». On devait mettre des bottes en caoutchouc, un grand pantalon et une veste assez large pour protéger nos vêtements de la poussière et de la boue, un casque avec lampe frontale, et on devait mettre nos affaires dans un genre de sac en toile. On aurait dit qu’on était déguisé en mineurs des années 50 !

Nous avions un guide, et avec nous il y avait un couple d’argentins d’une quarantaine d’années, et un jeune couple : Mathilde, (son compte Instragram) une française expatriée en Argentine, et Martin, son amoureux argentin. On a bien accroché avec eux et on a bien discuté. Ils étaient en voyage en Amérique latine pour plusieurs mois.

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On est tous parti avec le guide en direction de la mine. On s’est arrêté à une petite tienda où on nous a demandé d’acheter de la dynamite, de l’alcool à 90°, du jus de fruit et des feuilles de coca à offrir aux mineurs. En fait, en Bolivie, les mineurs doivent acheter eux-mêmes leur dynamite. Ils mâchent les feuilles de coca pour combattre le mal d’altitude et boivent souvent un mélange de jus et d’alcool fort (le ceibo, un alcool local à 96°). Ça faisait bizarre d’avoir des bâtons de dynamite dans les mains…

La vue en haut des mines de Potosi

On est monté jusqu’en haut des montagnes qui dominaient la ville du haut de leurs 4824 m. On avait une vue imprenable sur toute la zone. La terre avait une couleur particulière ici, entre l’ocre et l’orange. C’était beau.

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Avant de rentrer dans les mines, le guide nous a parlé pendant un bon moment de son pays et de son gouvernement corrompu. On a senti qu’il avait besoin de vider son sac…

Il nous a expliqué à quel point la population de la Bolivie était pauvre et à quel point le gouvernement était riche. Qu’il ne mettait rien en place pour aider les gens et qu’il pensait seulement à leur prendre le peu d’argent qu’ils avaient. Ça nous a fait penser à chez nous, mais en pire.

Il nous a aussi dit que normalement, les gens qui travaillaient à la mine devaient avoir au moins 18 ans, mais qu’en pratique, les enfants commençaient souvent à y travailler vers 13 ans pour aider leur famille financièrement. Et que bien sûr, le gouvernement se fichait de faire appliquer la loi pour protéger les enfants du travail précoce.

L’entrée dans les mines de Potosi

Après cette conversation, nous nous sommes dirigés vers l’entrée de la mine. Nous avons vu plusieurs hommes pousser des chariots métalliques remplis de minerais sur des rails. L’entrée de la mine était un simple trou creusé dans la roche et il fallait courber le dos pour y entrer. Il n’y avait aucune lumière et seules les lampes frontales permettaient d’en éclairer l’intérieur. Tout ça avait un peu des allures de Germinal…

Le sol était boueux, voire parfois inondé d’une eau terreuse. Les bottes étaient plus que nécessaire pour garder les pieds au sec. On apercevait différentes couleurs sur les parois de la mine. C’était les différents minerais : argent, zinc, étain et cuivre.

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Le travail des mineurs était très compliqué et se faisait ici manuellement. Les minerais étaient extraits à la pioche à la force des bras, ou directement à la dynamite. La mine était remplie de vapeurs d’arsenic, de silice, d’amiante et d’autres gaz pas très sympathiques à respirer sur le long terme. D’ailleurs, les mineurs ne vivaient apparemment pas très vieux.  

A l’entrée de la mine, il y avait une représentation masculine. Les mineurs avaient pour rituel de lui donner des feuilles de coca et de verser de l’alcool sur lui dès quand ils commençaient leur journée de travail. Ils allumaient également une cigarette pour lui glisser au coin des lèvres. On a trouvé tout ça assez étrange…

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Au coeur des mines

Nous avons suivi notre guide dans le dédale de galeries creusées dans la roche. Parfois, il nous fallait passer dans de petits boyaux. Parfois nous devions grimper pour nous hisser à un autre niveau. D’autres fois encore, on devait passer au-dessus de mini-gouffres en marchant sur de vieilles poutres. On avait un peu l’impression de découvrir des souterrains antiques restés pendant des siècles sans aucune trace de vie.

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Nous sommes allés à la rencontre des amis de notre guide dont l’un d’entre eux qui semblait vraiment très jeune. Et nous avons pris le temps de nous assoir un moment avec eux. Le guide a fait un mélange de ceibo et de jus puis l’a fait tourner à notre groupe. Benjamin a goûté une gorgée mais c’était apparemment très fort. Il n’en a plus repris.

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Pour ma part, je n’ai pas goûté du tout, n’étant pas trop fan de ce genre de boisson. Je ne voulais pas non plus boire dans la même bouteille que tout le monde. Ça fait un peu « précieuse » dit comme ça, mais en fait certaines formes d’hépatites s’attrapent directement par la salive et je ne suis pas vaccinée. Et puis, c’est sans compter les maladies habituelles que je n’avais pas vraiment envie de me traîner pendant le voyage…

Après une heure et demie à arpenter le labyrinthe dans nos bottes de caoutchouc, on a aperçu le bout du tunnel et sa lumière blanche menant à l’extérieur, et on est rentré à notre auberge.

Après-midi off

On avait vraiment accroché avec Mathilde et Martin, le jeune couple franco-argentin. On aurait bien passé la journée à discuter voyage avec eux. On a échangé quelques bons plans. Eux nous ont donné des conseils pour l’Argentine et nous leur en avons donné pour le Pérou. On leur a d’ailleurs donné le contact de notre super guide Jhonatan pour l’Amazonie. (ils l’ont par la suite contacté et ont adoré leur excursion dans la jungle).

Après la visite des mines, ils avaient prévu d’aller se baigner dans des sources chaudes dans un village. Ils nous ont proposé de les accompagner, mais Benjamin devait travailler un peu et on n’avait pas vraiment prévu ça dans le budget (même si ce n’était pas très cher). Du coup, on s’est dit au revoir en espérant pouvoir rester en contact (ce qu’on a fait grâce à la magie d’internet).

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De notre côté, une fois que Benjamin a travaillé, on a pris le temps de donner des nouvelles à la famille.

Et ensuite, on a pris nos affaires pour arrêter un taxi et lui demander de nous déposer à la gare. La tâche s’est avérée plus compliquée que ce qu’on pensait. Tous les taxis étaient pleins…

L’attente du départ

On est allé avec nos sacs jusqu’à la place centrale en espérant voir plus de taxis passer, mais ils étaient tous pleins également. On avait presque perdu espoir quand on a vu passer un taxi avec une très vieille voiture. On a eu du mal à faire rentrer nos sacs dans le coffre mais avec un peu de persévérance on a réussi et nous voilà partis pour la gare routière.

Là-bas, l’attente fut très longue. Pour être sûr de ne pas louper le bus, on était arrivé bien en avance. On a fait plusieurs fois le tour de la gare routière, observant à peu près tout ce qui s’y trouvait. Benjamin voulait absolument trouver une glace, mais il n’y avait que des glaces industrielles. On s’est rabattu sur de la glace entre deux gaufrettes. Sur l’affiche, ça avait l’air appétissant mais en vrai, c’était vraiment la plus mauvaise glace qu’on ait mangée ! ^^

Après de longues heures d’attente, on est allé se mettre du côté des quais pour s’assurer que notre bus ne parte pas sans nous. On a encore attendu, et attendu et le bus n’est jamais venu ! Non, je rigole. Il est arrivé mais avec pas mal de retard.

Problème de vessie dans le bus vers Tupiza

On a été un peu blasé quand on a vu l’état du bus. Il était assez vieux et sale. Pas de WC. Le siège de Benjamin avait un trou dans l’assise, sous le tissu donc quand il s’asseyait, ses fesses s’enfonçaient tout au fond ^^. Pour ma part, la manette pour allonger le siège était cassée donc impossible de baisser le siège complètement. La nuit s’annonçait longue ^^ Mais on était au premier rang, au premier étage, donc on avait une belle vue sur la route. Bon il faisait nuit mais on discernait quand même quelques trucs.

Le conducteur ne roulait pas trop mal, mais une heure après notre départ, je commençais déjà à avoir envie d’aller aux toilettes. Problème : comme je le disais tout à l’heure, pas de WC. Après trois heures d’attente à en avoir mal à la vessie, je suis descendue à l’étage d’en-dessous pour tambouriner à la porte du chauffeur pour lui demander de s’arrêter. Mais la porte était fermée à clé et il n’entendait rien.

Je suis remontée à ma place, déterminée à ne pas me faire dessus (mais sans certitude, aucune, d’y parvenir !). La seule solution que j’ai trouvée, c’est de dormir pour ne plus ressentir l’envie d’aller aux toilettes. Ça a fonctionné ! J’ai pu attendre cinq heures que le bus s’arrête…

Et même à ce moment-là, j’ai hésité à sortir du bus parce que j’avais l’impression qu’il s’agissait juste d’un arrêt. Et ça ne m’aurait pas vraiment fait rire de me faire abandonner au bord de la route en Bolivie, en pleine nuit, au milieu de nulle part…

J’ai demandé au chauffeur s’il y avait des toilettes et si c’était possible de m’attendre et j’ai couru jusqu’aux WC. Je ne devais pas être la seule à m’impatienter parce qu’il y avait une petite file d’attente. Et une des personnes était vraiment malade (j’ai entendu des bruits qui m’ont presque traumatisée…). La pauvre ! Je n’osais pas imaginer son angoisse dans le bus…

L’arrivée à Tupiza

Après cet épisode, on a repris la route et on a pu dormir un peu. Le bus est arrivé à Tupiza à 3h00 du matin. On avait prévenu notre auberge qu’on arriverait au milieu de la nuit.

L’auberge n’était à priori pas très loin de la gare routière, mais en pleine nuit et avec les sacs, on espérait trouver un taxi. Il y en avait plusieurs qui attendaient à l’entrée de la gare routière, habitués aux arrivées de bus tardives.

Petite prise de tête avec les chauffeurs de taxi. Ils nous demandaient, pour faire 2 km, le même prix que ce qu’on payait pour faire 20 minutes de trajet dernièrement. On avait l’impression de se faire pigeonner. On a demandé à plusieurs chauffeurs mais la réponse était toujours la même. Peut-être était-ce le minimum… On a fini par céder. A cette heure-là, c’était le mieux pour tout le monde.

Après 3 minutes de taxi, on était arrivé. Notre hôte est venue nous ouvrir la porte, et nous a montré notre chambre. Ah ! Quel bonheur d’avoir un bon lit confortable ! Après tout ce trajet, on était plus qu’heureux de passer une bonne nuit…

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