02 Etats-Unis, Notre tour du monde

Nuit 21 – Merced



07/09/2018 – Note aux enseignants qui nous suivent : ne pas faire lire aux élèves ^^

 

Comme je le disais dans l’article précédent, nous allions donc en direction du Yosemite. Comme il y avait un peu de route et qu’on avait quitté San Francisco en fin de journée, Benjamin avait réservé un Air BnB pas très cher dans une ville nommée Merced, sur notre route.

 

L’arrivée à Merced

On s’est arrêté manger un burrito dans un restaurant mexicain et on est arrivé à Merced seulement vers 22h30. La rue dans laquelle était le Air BnB n’était pas très bien éclairée et nous nous sommes retrouvés face à un portail noir qui entourait une maison bordée d’un grand jardin. Il y avait deux entrées dans ce portail mais les deux étaient fermées. Visiblement, il n’y avait personne dans la maison.

Du coup, on a passé un petit coup de fil à notre hôte pour la prévenir que nous étions là. Sur ce, elle nous dit que le portail à gauche de la rue (bizarre comme information vous ne trouvez pas… ?) est ouvert et qu’on n’a qu’à entrer. Le problème c’est qu’on n’était pas vraiment sûr d’être à la bonne adresse et il y avait deux chiens (dont un pitbull) qui nous guettaient derrière ce portail. Je ne sais pas pour vous, mais nous on n’était pas trop à l’aise à l’idée de pénétrer, de nuit, sur une propriété inconnue gardée par deux chiens… !

On a recontacté l’hôte en lui disant qu’il y avait des chiens, que le portail était fermé et qu’on aimerait être sûr d’être au bon endroit. Elle a alors envoyé quelqu’un pour nous ouvrir. C’est à qu’on a fait la connaissance de Ty (à prononcer Thaï).

 

Notre hôte

Il avait 21 ans et avait l’air plutôt sympa, même s’il avait l’air d’avoir bu un peu. Il nous a présenté les chiennes qui, en fait, étaient très gentilles, bien qu’impressionnantes. Et il nous a fait entrer dans la maison.

C’était une vieille maison, mais bien entretenue. Du lambris peint en blanc sur les murs. Du plancher recouvert de moquette épaisse au sol. Un escalier aux marches qui craquent. Des rideaux à fleurs. Des grilles d’aération comme celles qu’on voit dans les films américains dans chaque pièce. De vieux portraits un peu bizarres aux murs. Des lampes qui éclairaient assez peu, ce qui donnait une ambiance feutrée aux pièces.

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Sur le coup, je ne note rien de spécial. Notre hôte est rigolo. La chambre est spacieuse. On dirait presque une suite. On a un coin salon avec canapé, table, tapis et fauteuil ; un coin salle de bains avec douche, wc et lavabo ; et un coin chambre avec un grand lit recouvert de couvertures et de coussins en velours.

Après avoir discuté un peu avec Ty, celui-ci nous a laissés pour la nuit. A ce moment-là, j’ai eu une petite crainte. Nous étions seuls dans une grande maison qui faisait, avouons-le, un peu penser aux maisons qu’on voit dans les films d’horreur…


L’angoisse

J’ai essayé de me détendre et suis allée prendre une douche, mes cheveux ayant grand besoin d’être lavés. Comme toujours, j’ai dû demander à Benjamin de régler la douche. Quand j’essaye, ça ne fonctionne jamais et je me retrouve à prendre une douche froide (oui… je suis un boulet !).

Au bout de 2 minutes, Benjamin vient me dire qu’il va chercher quelque chose à la voiture et qu’il revient. Voiture qui était garée au fond du jardin dans lequel étaient les chiennes, dans le noir. Je ne m’inquiète pas plus que ça et continue ma douche.

Je sors de la douche. Me sèche. Me démêle les cheveux. M’enduis de crème. Enfile un vêtement. Me brosse les dents. Bref, je suis prête à aller au lit et toujours pas de Benjamin…

Je commence à m’inquiéter et à me demander ce qu’il fait et si tout va bien.

A ce moment-là, j’entends les chiennes aboyer. J’écarte discrètement un rideau de la chambre, et glisse mon œil discrètement pour observer le jardin. J’aperçois une des chiennes qui aboie après quelqu’un. Ce quelqu’un, ce n’est pas Benjamin. Pourtant, nous pensions être seuls…

 

Le film d’horreur

C’était une femme. Peut-être la quarantaine. Les cheveux très courts. Elle se déplaçait doucement, les pieds et les genoux rentrés et la tête un peu penchée. Je vous assure qu’on aurait dit un de ces zombies qu’on voit dans Walking Dead ! J’ai cru que j’allais faire pipi dans ma culotte…

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Elle s’est approchée d’un genre de cabanon en bois que je n’avais même pas vu dans le jardin, a allumé la lumière et s’est battu avec ses vêtements pour les enlever, en laissant la porte ouverte. Puis, elle s’est assise. Et elle a levé la tête vers moi. J’ai juste eu le temps de lâcher le rideau et de reculer, complètement déroutée.

J’en ai profité pour fermer à clé la porte qui donnait sur notre chambre (il y avait une porte qui donnait sur un escalier extérieur menant directement au jardin). J’ai ensuite écarté à peine le rideau pour voir où était la femme. Et plus rien. La lumière était éteinte, et je ne voyais plus rien. A ce moment précis, j’ai commencé à paniquer ! En plus, je ne savais pas du tout où était Benjamin…

La panique

Je lui ai envoyé un message lui demandant où il était. Pas de réponse. J’ai commencé à imaginer que peut-être que les chiennes n’étaient pas si gentilles que ça en l’absence de leur maître, et que Benjamin était coincé quelque part. Ou bien qu’il y avait des gens bizarres dans la maison qui l’avaient attrapé…

Je voulais l’appeler, mais j’avais peur que son téléphone ne le fasse repérer s’il était en train de se cacher. Oui… je sais… j’étais en pleine psychose… J’ai beaucoup d’imagination et je lis trop de livres bizarres… Mais en même temps, dans les films d’horreur ça se passe toujours comme ça !

 

Je finis par l’appeler quand même, en étant prête à décamper s’il me disait qu’il fallait vite quitter la maison (j’avais mis mes chaussures, et pris mon petit sac, oui, oui !). Il décroche et me dit « oui ? ». Je lui demande où il est et pourquoi il met tant de temps. Et là il me répond… qu’il n’est pas encore arrivé à la voiture…

… parce qu’il discute avec Ty sur la terrasse depuis tout ce temps !

 

La dure réalité

Je lui demande si c’est une blague. Je lui dis que moi je m’inquiète pendant ce temps, alors que monsieur est tranquille… Bref, tant mieux quand même. Je préfère ça à mon scénario cauchemardesque ! Il me dit que du coup, il arrive et que je n’ai pas à m’inquiéter, que je peux aller au lit et il raccroche.

Je vais au lit. Mais je l’attends quand même, lumière allumée, pour lui raconter tout ce que j’ai imaginé et qu’on puisse en rire ensemble. J’attends 10 minutes, 20 minutes, 30 minutes… Toujours rien…

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C’est plus fort que moi, mais mon esprit recommence à envisager le pire. Je me dis que peut-être que Benjamin est captif quelque part, et qu’on l’a forcé à me dire que tout allait bien pour que j’aille dormir. Je pense à l’auberge rouge, dont les propriétaires tuaient et mangeaient les gens qui s’y arrêtaient. Je regarde les portraits flippants aux murs, j’écoute le bruit de la ventilation infernale et le bois qui craque, et j’ai juste envie de partir d’ici…

Je reprends mon téléphone et appelle Benjamin une seconde fois. Il s’excuse et me répond qu’il est toujours avec Ty mais que cette fois, il remonte.

(Pour ceux qui se demanderaient pourquoi je ne suis pas allée voir s’il était vraiment sur la terrasse, la réponse est simple : je suis une vraie flippette !) ^^

 

Finalement…

Bref… Après genre 1h30 de cauchemar pour moi, Benjamin me rejoint, tout content de sa soirée parce qu’il a bien discuté ! Cette soirée, moi, je ne l’oublierai pas, c’est certain.

En fait, Ty était vraiment super sympa. Il a raconté à Benjamin qu’il avait eu un accident et que depuis il avait très mal au genou. Cet accident avait plus ou moins changé toute sa vie. C’était un sportif qui avait obtenu une bourse grâce au sport pour aller à l’université. A cause de son genou, il avait perdu sa bourse et avec elle l’espoir de faire des études, parce qu’ici c’est très cher. Du coup, il a appris à faire pleins de choses manuelles et il s’occupe de faire des travaux de réparation et de rénovation dans les maisons.

 

Le lendemain, à la lumière du jour, la maison ne faisait plus peur du tout. On a pu prendre un bon petit déjeuner et faire une lessive avant de reprendre la route.

Je me suis sentie un peu bête d’avoir imaginé tout ça ! Mais vous, vous auriez pensé quoi à ma place ? ^^

 

PS : l’histoire ne dit pas qui était cette mystérieuse femme… Probablement une femme habitant je ne sais où qui est allée aux wc dans le jardin en mode pas réveillée. Du moins, c’est la version que je préfère imaginer…

2 thoughts on “Nuit 21 – Merced

  1. Hahahahaha je n’en peux plus de rire !!!!
    Et vu que, de nouveau l’article est très bien écrit, j’ai vu la scène en lisant… encore plus drôle !

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